Janv. 2025 : Coût de l’(in)action climatique : quels risques pour les entreprises ?
Organisée le 20 janvier 2026 par Getlink en partenariat avec la Toulouse School of Economics (TSE), la 5ᵉ Rencontre du Climat a rassemblé économistes, dirigeants et décideurs de la sphère financière autour de la question du Coût de l’(in)action climatique en matière de risques pour les entreprises ?
Dans un contexte marqué par l’intensification des perturbations climatiques et de fragilisation du consensus politique autour de la transition écologique, cette édition porté un éclairage précis sur les choix stratégiques auxquels les entreprises doivent aujourd’hui faire face.
La table ronde a réuni autour de Yann Leriche, Directeur général de Getlink, Christian Gollier, professeur et chercheur à la TSE, et Anne‑Sophie Alsif, associée et cheffe économiste du cabinet BDO France.
S’appuyant sur ses travaux de recherche, Christian Gollier a rappelé qu’une transition climatique efficace repose sur un prix du carbone cohérent et suffisamment incitatif. Alors que les coûts liés aux impacts du dérèglement augmentent continuellement, l’inaction ne pourra qu’alourdir la facture finale pour l’ensemble des acteurs économiques.

De gauche à droite : Yann Leriche, Christian Gollier, Anne-Sophie Alsif et Vincent Ducros
Le maintien d’un leardership climatique fort de Getlink dans un contexte incertain
Cette 5ᵉ édition s’inscrit également dans une période qualifiée d’« ère de backlash climatique », marquée par une prudence accrue des investisseurs et un durcissement du débat public sur les politiques de transition. Les intervenants ont souligné que cette période de doute met à l’épreuve la résilience des stratégies climat des entreprises, sans remettre en cause la nécessité d’agir. Elle impose toutefois de repenser le narratif de l’engagement climatique, en valorisant non seulement les bénéfices environnementaux, mais aussi les atouts en matière de compétitivité, d’innovation technologique, de souveraineté industrielle et de sécurisation des chaînes de valeur.
Anticiper les risques de la transition écologique, un enjeu décisif pour les entreprises
Les discussions ont mis en évidence un point essentiel : une transition anticipée coûte nettement moins cher qu’une transition subie. Les risques physiques, la perte d’actifs, l’instabilité réglementaire ou la volatilité des marchés représentent déjà des coûts tangibles qui fragilisent les acteurs les moins préparés. À l’inverse, les entreprises investissant dans la réduction de leurs émissions, l’électrification, les énergies renouvelables ou l’innovation bas carbone renforcent leur compétitivité tout en contribuant à l’autonomie stratégique européenne. La transition ouvre également la voie à de nouveaux marchés, à la consolidation de positions industrielles et à une meilleure réponse aux attentes croissantes des investisseurs en matière de performance extra‑financière.
La vision pragmatique de Getlink dans sa stratégie bas carbone
Au cours de la Rencontre, Yann Leriche a présenté la vision et l’expérience de Getlink, engagé de longue date dans une stratégie pragmatique de décarbonation. Le Groupe a notamment instauré un prix interne du carbone et développé la marge décarbonée un indicateur financier permettant d’orienter ses décisions d’investissement pour concilier performance environnementale et financière. Parallèlement aux enjeux de transition, Yann Leriche a rappelé que Getlink agit également sur l’adaptation aux risques physiques du changement climatique, en anticipant notamment les effets des épisodes de chaleur extrême ou des risques d’inondation avec des impacts sur les infrastructures et le matériel roulant.
Souveraineté économique et industrielle, la transition comme levier de compétitivité
Anne‑Sophie Alsif a apporté un éclairage sur les trajectoires contrastées selon les zones géographiques, où les politiques de transition énergétique s’articulent de plus en plus avec des stratégies de souveraineté économique et industrielle, faisant de la transition climatique un levier de compétitivité à long terme. Démontrant ainsi qu’ambition écologique et ambition économique ne peuvent être dissociées.